Il existe de nombreux facteurs qui peuvent vous amener à envisager l’association pour lancer votre projet d’entreprise. Que ce soit pour consolider le capital juridique de votre entreprise, ou pour intégrer de la complémentarité dans votre mission de chef d’entreprise, il est important de peser le pour et le contre avant de faire ce choix engageant qui aura certainement de nombreuses répercussions sur votre activité.

En effet, malgré que certains préfèrent monter leur projet de création seul, le fait de se lancer en solo n’est pas dépourvu d’inconvénients et il vaut mieux, parfois, se grouper à plusieurs et trouver des associés. Il est vrai qu’en réalité, les intérêts d’une solution constituent généralement les limites de l’autre., mais l’association demeure sans conteste l’un des sujets les plus importants pour réussir sa création d’entreprise (en tout cas si vous êtes convaincu qu’à plusieurs votre projet a plus de chances). Et sûrement l’une des principales causes d’échec d’un projet !

Les exemples de boites qui partent en sucette pour des raisons d’incompréhension, de désalignement des intérêts, de mauvaise ou de manque de communication… ne manquent pas également…C’est justement pour cette raison qu’il faut bien réfléchir avant de choisir l’association pour développer son projet de création.

Voici quelques conseils pertinents qui vous aideront à mieux voir les choses et à prendre la bonne décision.

Choisir l’association plutôt que d’entreprendre seul : pourquoi ?

Entreprendre seul : les avantages et inconvénients

  • Les avantages d’une aventure entrepreneuriale “solo”

Dans certains cas, les créateurs s’associent par la seule crainte d’être seuls, leur unique objectif étant d’éviter la solitude. Eh bien, dans ces conditions, il reste préférable de se lancer seul et de favoriser un cadre de travail propice aux échanges. Si l’absence de contact vous préoccupe, sachez qu’il existe différentes solutions pour pallier cet inconvénient. Vous pouvez installer vos locaux dans une pépinière d’entreprise (ou un espace de coworking).

Il est vrai qu’en restant seul, vous favoriserez des prises de décisions simples et rapides. Vous éviterez également tout risque de conflit puisque vous serez en commande de tout le projet. C’est vous et vous seul qui resterez le principal décisionnaire. Vous définirez les orientations stratégiques de votre projet et déterminerez les moyens à déployer pour atteindre les objectifs fixés, sans avoir à prendre en compte d’autres avis.

Enfin, il vaut mieux rester seul que d’être mal accompagné. Si vous avez des doutes sur une potentielle association, commencez votre aventure entrepreneuriale en solo pour tester vos compétences et votre savoir-faire et identifier votre style de leadership. Vous risquerez moins en étant seul surtout lorsqu’il s’agit de dissolution d’activité.

  • Les inconvénients à se lancer seul

L’entrepreneur qui se lance en solo s’expose à un risque majeur qui se résume au fait d’avoir des œillères ou d’être un peu « borné ». En fait, puisqu’il fait évoluer son entreprise seul, sans avis et regard extérieur, il peut passer à côté de certaines opportunités qu’il n’arrivera pas à voir par manque d’objectivité. Ce risque peut justement déboucher sur un échec du projet.

Plus encore, dans ce type d’aventure, l’entrepreneur sera seul sur tous les fronts : gestion, financement, partenariat, marketing, recrutement, etc. Cela peut avoir des impacts à différents niveaux (qualité du travail, stress, débordement…). Surtout en période de crise, vous serez amené à mener seul votre barque et à fournir tous les efforts nécessaires pour la sauver et vous adapter aux nouvelles conditions.

En d’autres termes, vous et vous seul serez obligé de supporter tous les risques liés à votre projet. Vous ne pourrez compter que sur le soutien de vos proches et de votre entourage. En tout état de cause, vous devrez surmonter seuls les difficultés rencontrées et essuyer personnellement les plâtres d’un éventuel échec.

Contrairement… si vous optez pour l’association : intérêts et limites

  • Les intérêts de cette démarche collaborative

Avant toute chose, il faut savoir que l’association permet de réunir des profils complémentaires et de créer des synergies constructives. Les compétences de vos associés, diverses et variées, viendront très certainement palier vos lacunes.

Travailler à plusieurs permet également de créer une sorte d’émulation et un environnement riche d’échanges sains, très propice à la réussite. La motivation créée par l’effet de groupe pousse le projet vers le haut et invite tous les membres à se surpasser et à faire évoluer l’activité entrepreneuriale.

Plus encore, l’association implique d’accepter de partager les responsabilités avec d’autres personnes. Vous mutualiserez les risques et ainsi, ne serez pas seul à les supporter. Vous trouverez, tous ensemble, des solutions afin de surmonter les difficultés rencontrées et vous avancerez plus vite surtout.

Enfin, en vous associant vous aurez la possibilité de répartir les investissements et donc le besoin de financement généré par le projet. Vous n’aurez pas à apporter les fonds seul, vos associés devront également participer ce qui vous aidera à accélérer le démarrage de votre activité. Mais malgré tous ses avantages, cette approche n’est pas dépourvue d’inconvénients…

  • Les limites d’une association

Il faut savoir ceci, juridiquement parlant, la création d’une société pluripersonnelle s’avère généralement plus complexe et plus délicate. Elle est donc forcément plus coûteuse que les autres solutions alternatives (micro-entreprise par exemple). Et son fonctionnement l’est tout aussi…Ça demande une vraie réflexion et une étude approfondie des profils d’associés puisqu’ils vont constituer le pilier du projet.

D’un autre côté, la prise de décision collective peut parfois s’avérer assez compliquée lorsqu’on parle d’association. Elle peut en effet occasionner des tensions et faire ressortir des points de désaccord. Des conflits peuvent donc naître et mettre à mal le fonctionnement de la société (paralysie). Ils peuvent même remettre en cause la pérennité du projet ce qui aboutira à un grand échec.

Le regroupement ou plutôt le choix d’entre reprendre à plusieurs aura également des conséquences sur votre niveau de revenu. En effet, une association vous obligera à rémunérer d’autres personnes et à partager les bénéfices (généralement au prorata de la participation de chacun au capital). Et vous devez être prêt à l’idée d’ouvrir votre capital, ce qui fera basculer vos finances considérablement

Avant de vous associer, vous devez vous poser les bonnes questions pour éviter de faire une connerie startup

Si le choix de l’association constitue la décision la plus importante que vous aurez à prendre sur les premières années de vie de votre projet de création, il est étonnant de voir que l’on y consacre finalement assez peu de temps, d’attention et surtout de préparation…Très souvent en effet, on part :

  • Avec un collègue ;
  • Avec un ami ;
  • Avec un camarade d’école avec qui on s’est retrouvé dans un groupe de travail pour faire un projet virtuel ;
  • Avec quelqu’un que l’on rencontre seulement quelques heures (Apéro, Entrepreneurs, StartUp, WeekEnd, BeMyApp…) ;
  • Et hop c’est parti, on se lance ensemble !

Quoi qu’il en soit, la plupart du temps il n’y a pas de phase de flirt pour se connaître, personnellement, avant d’essayer de travailler professionnellement ensemble et surtout d’associer son argent, son destin, son énergie… sur un projet. En gros, avant de lier votre destin business à une autre personne vous devez prendre le temps nécessaire pour ne pas faire ça par-dessus la jambe…et surtout vous poser les bonnes questions qui vous aideront à éclaircir votre vision…

1- Êtes-vous fait pour vous associer ?

Vous devez savoir que le fait de s’associer avec d’autres personnes au sein d’une société représente une décision extrêmement importante qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère. En effet, on l’assimile généralement à un mariage. Or, l’union, de façon générale, n’est pas donnée à tout le monde et vous devez être conscient de ce que cela implique et si vous êtes réellement prêt à vous engager dans une telle démarche. Identifiez toutes les variables qui peuvent entrer en jeu afin de les analyser et de définir votre point de vue concernant chacune.

Il faut surtout se rappeler que vous ne serez pas le seul maitre de la situation et vous ne prendrez pas les décisions en vous basant uniquement sur votre avis ou vision d’une façon subjective. Vous serez obligé de prendre en compte les avis de votre – ou vos – associé(s) et de respecter leurs visions respectives. Cette concertation occasionnera probablement des conflits et donnera lieu à des concessions/compromis. Êtes-vous bien à l’aise avec ces principes ?

Plus encore, vous serez surtout amené à partager les bénéfices qui résultent de cette association pas uniquement les responsabilités, mais vous pourriez aussi en essuyer les plâtres. Vous vous exposerez donc au risque de perdre de l’argent sans être le seul décisionnaire. Êtes-vous prêt à partager votre responsabilité avec d’autres personnes et ceci sur différents points importants ?

2- Poursuivez-vous les mêmes objectifs que vos futurs associés ?

Il s’agit d’une réalité évidente, la réussite d’un projet entrepreneurial suppose une vision commune et une synergie entre les différents intérêts qui doivent surtout soutenir le développement de l’entreprise. Vous devez à ce sens vous assurer que vous poursuivez les mêmes objectifs à court, moyen et idéalement long terme. Car ces derniers peuvent différer et cela peut, dans certains cas, être fatal…

Pour vous, il s’agit peut-être d’un vrai projet de vie, d’un grand accomplissement et d’un rêve à réaliser ! Dès lors, vous comptez certainement vous y investir corps et âme et ne pas revendre votre affaire avant un certain temps. D’autres (notamment des investisseurs) pourraient envisagez une revente à un horizon plus court-termiste. Vos objectifs et visions seront donc divergentes et vous verrez les conflits apparaitre plutôt que vous ne l’aurez pensé…Avez-vous pensé à ça ?

L’idée ou le principe de la réussite collective doit se résumer au fait d’avancer dans une direction similaire. Les objectifs, même s’ils diffèrent, ne doivent surtout pas être incompatibles. Vous devez vous arranger pour les faire concorder car, dans le cas contraire, les points de discorde qui émergeront pourront vous mener vers un échec fatidique….

3- Êtes-vous prêt à ouvrir votre capital à d’autres personnes ?

C’est probablement le point le plus « douloureux » mais qui dit association, dit partage des parts. En fait, en étant seul vous posséderez l’intégralité du capital de votre société. Vous détiendrez ainsi tous les titres (parts sociales ou actions). Et cela vous permettra notamment de percevoir l’intégralité des bénéfices réalisés et de demeurer l’unique décisionnaire des orientations stratégiques de votre entreprise.

Mais en choisissant l’association, vous devriez répartir le capital et partager les droits de vote avec vos associés. Les décisions se prendront également à plusieurs, dans des conditions prévues par les statuts ou la Loi. Également, les bénéfices seront répartis proportionnellement à la participation de chacun. Même en étant « le dirigeant de la société », vous serez obligé de rendre des comptes à tous les associés….

Ce n’est pas évident d’accepter de se déposséder d’une partie de son entreprise, ni d’avoir des comptes à rendre à d’autres personnes pour diriger sa propre société. Pourtant, il n’y a pas d’association possible sans cela. Alors avant d’aller plus loin, demandez-vous si vous êtes capable de « partager le gâteau ».

Juste pour vous aider à voir plus clair, aller-y doucement sans vous précipiter : sachez qu’au pire des cas, vous pouvez commencer l’aventure seul (au sein d’une SASU ou d’une EURL par exemple) et faire entrer ultérieurement d’autres associés. Dans ces structures, le passage en une structure à plusieurs associés (SAS ou SARL) s’avère plutôt simple à opérer…Comme ça vous anticiperez mieux votre approche associative.

4- Qu’attendez-vous de votre (vos) futur(s) associé(s) ?

Avant de vous associer, vous devez faire un point sur votre degré d’engagement personnel et éclaircir votre vision entrepreneuriale. Vous devez savoir précisément ou vous comptez y aller et surtout ce que vous attendez de vos associés ! Ces points sont très importants pour assurer le bon pilotage de votre projet et vous aideront à identifier vos angles d’attaque. Au passage, il vous faut également prendre connaissance de ce que vos futurs associés attendent de vous. Le partage de responsabilités et de missions s’articulera autour de ces réponses.

En gros, si vous espérez garantir la réussie de votre association, vous devez être capable de répondre clairement à ces questions : quel sera votre rôle ainsi que celui de vos associés (leader, suiveur, co-décisionnaires) ? Combien de temps allez-vous dédier à ce projet ? Accepteriez-vous que vos associés consacrent une partie de leur temps à d’autres projets ? Etc.

5- L’association est-elle vraiment nécessaire ou cherchez-vous plutôt à satisfaire un « besoin latent » ?

Votre future association ne doit pas être subie, elle doit être voulue, c’est-à-dire désirée : elle ne doit surtout pas combler d’autres objectifs latents. En fait dans le cas contraire, vous devez envisager d’autres pistes plutôt que l’association car vous finirez par le regretter à bout de chemin. Les alternatives dont vous disposez dépendront de plusieurs paramètres et notamment de la motivation première de l’association.

A titre d’exemple, il est vrai qu’entre le moment où l’on décide de créer une entreprise et celui où elle « tourne », il y a un long chemin parsemé d’embûches. Et pour certains, parcourir seuls ce chemin semble insurmontable. A ce sens on s’imagine facilement qu’à deux, il sera plus facile de faire avancer le projet. Effectivement, lorsque l’on est plusieurs, on peut se motiver mutuellement, s’encourager lorsque l’on a un petit « coup de mou » et trouver de nouvelles idées plus facilement. Mais cela, ce n’est que le cadeau Bonus de l’association. En aucun cas, il ne faut que cela soit l’une des raisons principales qui vous fasse envisager de vous associer. Car finalement, si vous vous associez pour ne pas être seul, votre besoin sous-jacent, c’est celui d’un soutien psychologique, d’un regard extérieur expérimenté. C’est donc plutôt des conseils d’un coach ou d’un entrepreneur aguerri dont vous avez besoin. Pas d’un associé !

Dans un autre cas, si les motivations de l’association sont principalement d’ordre financier, pourquoi ne pas déposer une demande de prêt bancaire professionnel ? Si vous recherchez des compétences, l’embauche d’un ou plusieurs salariés ne suffirait-elle pas, tout simplement ? En gros, faites une vraie mise au point et cherchez à identifier les motivations qui vous amènent à envisager l’association.

6- Voulez-vous vous associer par simple loyauté ?

Attention, nous ne dénigrons pas l’importance de la loyauté et de son rôle essentiel dans la réussite de toute association ! Mais s’associer parce que vous pensez « devoir » le faire pour être droit dans vos bottes mérite une réflexion approfondie. Ainsi, embarquer dans votre projet la personne qui en a eu l’idée avec vous, un soir où vous refaisiez le monde, ça n’a franchement pas de sens. Tout le monde peut avoir une bonne idée. Ce qui est difficile, ce qui mérite des parts, c’est l’exécution du projet.

Autrement dit, si vous vous sentez redevable envers « votre ami ou collègue », il serait plus logique de lui offrir une certaine rémunération symbolique. Dans le même sens, s’associer avec quelqu’un pour le « sauver ou dépanner », parce qu’il n’a plus de job ou parce qu’il ne va pas bien, c’est aller dans le mur et initier l’échec de son propre projet. Cherchez plutôt d’autres moyens de venir en aide à votre ami, qui resteront dans la sphère personnelle. Bref, créer une entreprise, c’est assez difficile comme cela, n’ajoutez pas de difficultés ou de contraintes supplémentaires.

7- Les compétences que vous recherchez chez un associé ne peuvent-elles être celles d’un excellent salarié ?

Ce sujet, c’est l’une des tartes à la crème de l’association. Imaginons ce scénario : vous êtes marketeur-commercial et avez besoin d’un développeur pour monter l’application Web qui révolutionnera le marché de la rencontre amoureuse. Vous foncez donc tête baissée pour trouver le technicien de vos rêves, celui qui fera décoller votre business ! Et si vous vous demandiez d’abord si ces besoins – qui sont réels, méritent réellement une association ou y aurait-il une autre solution alternative ? A titre d’exemple, demandez-vous si un excellent salarié ne pourrait pas remplir cette tâche sans que vous ayez à vous défaire d’une partie des parts de votre entreprise ?

Autrement dit, il serait dommage de perdre votre indépendance alors qu’un salaire pourrait suffire pour obtenir ce dont vous avez besoin. Et puis un associé, ce n’est pas seulement des compétences, c’est aussi une vision de l’entreprise et de son avenir. Un associé doit être moteur, faire preuve d’initiative, être force de proposition et participer à la conduite stratégique de votre projet d’entreprise.

8- Les compétences que vous recherchez chez un associé seront-elles utiles à l’entreprise sur le long terme ?

Figurez-vous qu’à de nombreuses tentatives d’association, il arrive que l’on oublie de prendre ce point important en compte : les besoins ne sont pas les mêmes lorsque l’on en est à la phase de création de l’entreprise et lorsque celle-ci est effectivement lancée. Par exemple, certaines compétences techniques indispensables au début finissent par prendre moins de place, et inversement, des savoir-faire et des savoir être liés à la croissance de l’entreprise, comme le management d’équipe ou la relation avec les partenaires financiers, prennent de plus en plus d’importance. Avant de vous décider à chercher un associé qui comblera vos lacunes, assurez-vous que votre besoin d’association n’est pas ponctuel et lié au démarrage, mais que votre projet en a un réel besoin sur le long terme. Et surtout que cet acteur apportera une vraie valeur ajoutée à votre projet de création.

9- Les finances qui vous manquent et qui vous poussent à envisager l’association, ne peuvent-elles être apportées par un emprunt plutôt que par un investisseur associé ?

Avant de prendre la décision e vous associer et de chercher LE bon associé qui vous apportera les capitaux nécessaires pour démarrer votre activité, demandez-vous si le jeu en vaut la chandelle ! Les banques peuvent parfaitement vous prêter de l’argent. Pourquoi ne pas tenter cette option et présenter un dossier de financement efficace et surtout très bien préparé qui incite les financeurs à soutenir votre démarche ? Cela vous éviterait de devoir céder des parts et vous resteriez ainsi le seul maître à bord ! Il ne faut surtout pas se baser sur le critère financier pour trouver l’associé idéale, car le « financeur-associé » dont vous cherchez pourra probablement vous apporter les sommes nécessaires mais pas les compétences clés qui ramèneront votre projet entrepreneurial vers la réussite !

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Association : pourquoi choisir cette approche collaborative pour se lancer et que faut-il savoir avant ?

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